Le dispositif dit du tableau percé se concevrait alors dans ce cas comme la symétrie d'une construction à l'aide d'une chambre noire. Nous allons à présent tenter de le démontrer.



[64] Ibn al Haytham (Alhazen), On the form of the eclipse (Fî sûrat al-kusûf), History of photography, éd. J. M. Eder, 8th éd., Columbia University Press, New-York 1945, p.36. La chambre noire est à nouveau décrite lorsqu'il aborde dans le livre I de son célèbre ouvrage sur la perspectiva naturalis, le Kitāb al-Manāzir (v. 1005), la physiologie de l'œil.

[65] Paolo Dal Pozzo Toscanelli (Florence 1397- id. 1482). Une de ses inventions décrite par Roberto Casati intéresse tout particulièrement notre propos : «Vers 1467, il profite de la construction de la coupole de Sainte-Marie-de-la-Fleur, à Florence, pour placer dans la lanterne, à quatre-vingt-dix mètres de haut, une plaque de bronze avec un trou, construisant ainsi le plus grand cadran solaire de tous les temps. (Sur le dallage de la cathédrale, on peut voir un rond de marbre qui indique l'image du soleil au solstice d’été).» p. 222, La découverte de l'ombre, Albin Michel, coll. Idées, Paris, 2000.

[66] Ibid., p. 153.

[67] Pour Dominique Raynaud, le but de l'ouvrage de Ghiberti était de révéler les sources de Brunelleschi afin de le discréditer en restituant à qui de droit la paternité de l'invention. L'hypothèse d’Oxford, essai sur les origines de la perspective, PUF, coll. Sociologies, Paris, Mars 1998, pp. 197-198.

Manetti écrivait à propos du premier panneau que celui-ci mesurait environ une demi-brasse de côté, il s'agissait donc d'un carré d’environ 29 centimètres de côté (une brasse florentine mesure 58 centimètres) et qu'il représentait une vue extérieure du baptistère San Giovanni :

«Telle que le regard l'aurait vue du dehors, et comme s'il s'était installé pour la représenter sur le vif à trois brasses environ à l'intérieur de la porte centrale de Sainte-Marie-de-la-Flore.» [68]

«Ayant donc affaire (écrit Hubert Damisch) à une porte comme celle de Sainte-Marie-de-la-Fleur, d'environ 6 brasses et d'une hauteur au moins double, à supposer que ces données n'aient pas sensiblement varié depuis l'époque de Brunelleschi.» [69]

Et, ajoute-t-il plus loin, «que les battants en aient été complètement ouverts.»

Il nous est possible de conjecturer l'angle optique vertical et horizontal maximum théorique de l'espace de représentation. Brunelleschi se trouvant dans l'axe du plan de la porte, à 3 brasses à l'intérieur de l'église et à une hauteur identique qui correspondait à la hauteur moyenne d'un homme selon Alberti [70], il aurait eu un angle optique horizontal et vertical de 90°.



[68] Antonio de Tuccio Manetti, op. cité, p. 62.

[69] Hubert Damisch, L'origine de la perspective, Flammarion, p. 102, Paris, avril 1987.

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