été recueillie.» [24]

La mention de l'utilisation d'une chambre noire pour l'observation des éclipses de soleil Eclipse de soleil à Louvain en 1544, Gemma Frisius, 1558 est à nouveau confirmée au début du XIVe siècle, où un savant français, du nom de Guillaume de Saint-Cloud préconise dans L'Almanach manuscrit (1290), établit sur l'ordre de la reine Marie de Brabant (1260-1321), son emploi pour améliorer le confort visuel des spectateurs :

«Pour éviter cet accident [les éblouissements survenus lors de l'éclipse de soleil du 5 juin 1285] et observer sans danger l'heure du début, celle de la fin et la grandeur de l’éclipse , que l'on pratique dans le toit d’une maison fermée, ou dans la fenêtre, une ouverture tournée vers la partie du ciel où doit apparaître l'éclipse de soleil, et qu'elle soit de la grandeur du trou que l'on fait à un tonneau pour tirer le vin. La lumière du soleil entrant par cet orifice, que l'on dispose à une distance de 20 ou 30 pieds de quelque chose de plat, par exemple une planche, et l'on verra de la sorte le jet de lumière s'y dessiner sous une forme ronde même si l'ouverture est imparfaite. La tache lumineuse sera plus grande que l'ouverture et d’autant plus grande que la planche en sera plus éloignée ; mais alors elle sera plus faible que si la planche était plus proche. […] Le centre du soleil passant par le centre du trou,



[24] David Hockney, Savoirs secrets, les techniques perdues des maîtres anciens, Le Seuil, Paris, octobre 2001, p. 205.

les rayons du bord supérieur seront projetés en bas sur la planche et inversement.» [25]

Le champ d'application de la chambre noire, longtemps cantonné à la seule étude des phénomènes célestes, s'élargit au cours du XVe siècle à l'étude de la nature. L'expansion de sa pratique qui est le fait d’artistes, tel Léonard de Vinci (Vinci 1452- Amboise 1519) est concomitante à l'avènement de la perspective artificielle [26] :

«Comment les espèces des objets reçues dans l'œil font intersection dans l'humeur cristalline de l'œil ? Il y a une expérience qui démontre comment les objets envoient leurs espèces ou images ressemblantes se croiser à l'intérieur de l'humeur cristalline de l'œil : c'est quand pénètre dans une maison très sombre par un petit trou rond l'image des objets illuminés. Tu recevras alors ces espèces sur une feuille blanche placée dans cette maison obscure assez proche du trou, et tu verras tous les objets sur le papier dans leurs figures et leurs couleurs propres, mais ils seront beaucoup plus petits et renversés en raison de cette



[25] Selon les indications de Georges Potonniée, op. cité, ce manuscrit se trouve à la Bibliothèque Nationale sous la cote Mss. 7281, fonds latin, folios 143 verso et 144 recto.

[26] Ce système de représentation de l'espace qui permet de reproduire sur une surface ce que voit l'œil du spectateur est (par un curieux hasard) identique au modèle optique de la chambre noire.

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