La réponse à ces deux questions dépendra de sa fréquence d'utilisation. Si celle-ci est importante, elle posera inévitablement la question de l'origine optique de la perspective et des enjeux du changement de mode perceptif qu'elle a occasionné, lui-même expression de transformations sociales. C'est au cours de ce périple que nous proposerons une esthétique qui se nourrira des apports croisés de la philosophie de l'histoire, de la psychanalyse, de la sociologie et d'une approche scientifique expérimentale. Pour pouvoir par la suite l'ouvrir à l'art contemporain autour d'une réflexion sur les modalités et pratiques contemporaines de la photographie à sténopé. Cette esthétique s'appuiera donc à la fois sur les œuvres, les pratiques et leurs contextes.


La méthodologie que nous avons adoptée nous a conduit à séparer en deux parties ce mémoire de recherche. La première concernera une approche de la photographie naturelle c’est-à-dire une approche de l'histoire et de l'esthétique de la pratique du sténopé avant l'invention de la photographie. La seconde sera une approche de la photographie pauvre, c'est-à-dire une approche de l'histoire et de l'esthétique de la pratique du sténopé dans l'art contemporain [3]. Les études qui les composent sont en partie autonomes pour faciliter dans notre démarche une forme de work in progress naissant de la confrontation de la théorie avec la praxis. Nous présenterons également pour chacune d'entre elles un corpus de documents

iconographiques afin que le lecteur partage le plaisir que nous éprouvons lorsque nous découvrons caché en eux, un indice capital pour nos recherches.



[3] Nous avions à l’origine prévue une troisième partie qui se serait intercalée entre les deux autres et qui aurait traité de l’invention de la photographie et de la redécouverte du sténopé par les artistes du mouvement Pictorialiste.

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