de cette immersion dans la durée, la fonction temporelle du connaître. Mais ce maintenant de l’aptitude à connaître ne s’exerce sur l’acteur de l’expérience que parce qu’il est lui-même à ce moment divisé, c’est à dire qu’il éprouve lui-même dans l’instant de la rencontre avec ce réel «enrichi» les possibilités de sa propre conscience. La prise de conscience est la reconnaissance distanciée et effective par ce sujet de cette division de lui-même.

0ublions un instant la médiation de la chambre noire et interrogeons la division du sujet au regard de la psychanalyse telle que pointée par Jacques Lacan (1901-1981) :

«Le sujet nous apparaît fondamentalement divisé en ce sens qu’à interroger ce sujet, au point le plus radical, à savoir s’il sait ou non quelque chose, c’est là le doute cartésien : nous voyons ce qui est essentiel dans cette expérience du cogito, l’être de ce sujet au moment qu’il est interrogé, fuir, en quelque sorte, diverger, sous la forme de deux rayons d’êtres qui ne coïncident que sous une forme illusoire, l’être qui trouve sa certitude de se manifester comme être au sein de cette interrogation, je pense, pensant que je suis, mais je suis ce qui pense et penser : je suis n’est pas la même chose que d’être ce qui pense; Point non remarqué mais qui prend tout son poids, toute sa valeur de se recouper, dans l’expérience analytique, de ceci



[111] Jacques Lacan, Conférence du 11 mai 1966, p.5, inédit.

que celui qui est ce qui pense, pense d’une façon dont n’est pas averti celui qui pense : «je suis».» [111]

Pour Lacan, le but de l’expérience analytique, qui n’a pas de finalité sociale, devons nous le rappeler, et encore moins politique, est de permettre aux sujets de résoudre leurs névroses, en prenant conscience et en pensant cette division. Le médiateur dans ce cas est le psychanalyste, qui apparaît ici comme un miroir renvoyant non pas l’image, mais la parole du sujet au sujet. Lacan exprima à ses étudiants ce rapport de la division du sujet par l’intermédiaire de séminaires sur la perspective et en recourant en particulier à ce qui spécifie, dans l’expérience analytique, la relation proprement visuelle au monde à savoir la fonction du regard (ce qu’il nomme l’objet (a) dans ses conférences) :

«C’est en tant que la fenêtre [d’où va dépendre la production de la division du sujet], dans le rapport du regard au monde vu est toujours élidé, que nous pouvons nous représenter la fonction de l’objet (a), la fenêtre, c’est-à-dire aussi bien la fente des paupières, c’est-à-dire aussi bien l’entrée de la pupille, c’est-à-dire aussi bien ce qui constitue cet objet le plus primitif de tout ce qui est de la vision, la chambre noire.» [112]

Il apparaît ici que Lacan comme Marx associe implicitement l’image de la chambre noire à



[112] Ibid., p.19.

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