pendant un arrêt en gare) et le révélateur introduit simultanément dans le conduit à l'arrière de la cuvette. L'opération est renouvelée pour le fixateur et la chasse d'eau est encore plusieurs fois actionnée pour rincer correctement l'épreuve. L'installation est ensuite remise en état.» [101]

Cette description et la documentation qui l'accompagne mettent l'accent sur l'aspect performatif de la réalisation du sténopé, la photographie obtenue n'ayant ici qu'un intérêt expérimental voire anecdotique. Dans ce sens une remarque de Régis Durand concernant l'évolution des rapports de la performance avec la photographie au seul bénéfice de cette dernière est confirmée dans la pratique photographique de Pippin :

«Tout se passe comme si le travail de la performance, du genre artistique bien particulier qu'il était dans ces années-là [80-90], autonome et historiquement défini, avait pénétré dans le processus photographique lui-même.» [102]

Impossible dès lors de dissocier la réception de l'image, de l'appareil qui a produit l'image et de l'opérateur qui a construit l'appareil.



[101] Ibid., p. 88.

[102] Durand Régis, Le regard pensif, la différence, Paris, novembre 1990, p.175.

Autoportrait de Nicolas Anquetil, sténopé, 2001

Nicolas Anquetil, [Auto [Portrait et Sténopé]], tirage argentique, 2001.

Vous êtes ici : Panorama > page 7/7.