vous verrez les images projetées à travers l'ouverture sur le mur opposé, mais les couleurs sont ternes.» [33]

Le concept de la machine à dessiner [34] est reprise et améliorée par l'adjonction à la lentille biconvexe d’un diaphragme par Barbaro Daniele (1513-1570), dans le chapitre V de son ouvrage de techniques à l'attention des artistes, La pratica della perspettiva, Venise, 1568.

Ce système optique fut très vite généralisé et perfectionné par des combinaisons de plus en plus compliquées de différentes lentilles afin d'obtenir des images plus lumineuses [35].



[33] Page 307 du Livre XXI de la première édition latine de 1550.

[34] Au siècle suivant, il est courant de retrouver le terme de machine pour décrire la camera obscura, chez Kircher (1646) ou Zahn (1686), elle prend le nom de machine parastatique (son mode de fonctionnement est un principe actif « magique » qui projette des images mouvantes (sur)naturelles du monde). Ce concept purement spéculatif prend paradoxalement sa source dans l'homme cartésien conçu comme une machine hydraulique au mécanisme précisément calculé.

[35] Une gravure de l'ouvrage de Christophe Scheiner (Wald 1575- Neisse 1650), Rosa Ursina…, Bracciano, 1630, montre une série d'objectifs composée de diverses combinaisons de

Egnazio Danti (1536- Rome 1586) en 1573 lui adjoignit un miroir plan incliné à 45° pour redresser l'image. La camera obscura, ayant atteint sa maturation technique en synchronie avec l'évolution culturelle de la société de la fin du XVIe début XVIIe siècle, va rapidement se répandre dans les milieux artistiques. Son emploi par les peintres hollandais du XVIIe siècle a certainement inspiré le style de la peinture de mœurs ou de genre.



lentilles convergentes et divergentes conçues pour les camerae obscurae.

[36] Pour plus d'informations, se reporter aux recherches de Steadman Philip, Vermeer’s camera : uncovering the thruth behind the masterpieces, Oxford, 2001.

[37] Les premières représentations de camerae obscurae Camera obscura, Zahn johannes, 1665 vraiment portables sont dues à Zahn Johann, dans la première version de Oculus artificialis teledioptricus, 1665. Celles-ci sont reprises et améliorées dans la version augmentée du même ouvrage édité à Würzburg vers 1685-1686. Il en existait avant cette date mais les imposantes dimensions de ces chambres dites mobiles nécessitaient tout de même l'emploi de deux hommes pour les déplacer. Une telle chambreChambre noire mobile, 1646 est décrite et représentée par le jésuite Kircher Athanasius (Geisa, près de Fulda 1602- Rome 1680) dans la seconde partie du livre X de Ars Magna lucis et ombræ, Rome, 1646, p. 806.

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